Démocratie résiliente


Les populistes donnent l'impression que les élus sont autorisés à abolir les droits et institutions démocratiques fondamentaux. Cette impression est trompeuse. La démocratie repose sur des droits et institutions inaliénables, notamment la séparation des pouvoirs entre les branches législative, exécutive et judiciaire (Déclaration des droits anglaise de 1689, Déclaration des droits de Virginie aux États-Unis de 1789, article 20 de la Loi fondamentale). Quiconque cherche à supprimer ces droits et institutions agit contre la démocratie.


Pourquoi autoriser les opposants à la démocratie à participer activement, voire passivement (en tant que candidats), aux élections démocratiques et, de ce fait, à potentiellement gouverner l'État démocratique ? Est-ce parce que la démocratie perdrait sinon sa légitimité face à ses ennemis ? Parce que toute exclusion ouvrirait la voie à une exclusion mutuelle ? Ou parce que l'égalité juridique générale, y compris l'égalité électorale, est l'un des fondements d'une démocratie constitutionnelle ?


Toutes ces objections sont fondées et doivent donc être examinées attentivement ; cependant, elles ne changent rien à la nécessité d'une démocratie résiliente : seule une démocratie qui sait se défendre efficacement contre ses ennemis peut survivre – un défi dont la réussite ou l'échec aura probablement des conséquences à long terme.


Il convient donc de contextualiser les attaques publiques du vice-président américain J.D. Vance contre la démocratie en Europe et d'y répondre par des arguments raisonnés : la liberté universelle présuppose des obligations mutuelles, et donc des institutions démocratiques mutuellement reconnues. Ce lien entre liberté individuelle et obligations mutuelles est protégé dans les démocraties européennes ; aux États-Unis, en revanche, il a déjà été gravement compromis et risque d'être totalement anéanti. Nous devons rejeter avec lucidité et clarté les tentatives de l'administration Trump (Trump, Musk, Vance) de porter désormais atteinte aux démocraties européennes et à l'Union européenne.